Informer durant une pandémie ...

Publié le par member RJP

 Informer durant une pandémie :

 un défi pour les médias à l'heure des blogs.

AFP | 16-09-06

Informer en temps de pandémie grippale une population inquiète, peut-être confinée à domicile, poserait un défi auquel les médias devraient se préparer, d'autant qu'à l'heure des blogs et des textos les rumeurs se propageraient sans contrôle, selon les participants à un colloque organisé vendredi à Paris.

"Les journalistes ne sont pas prêts à gérer ce type de crise", les principes de déontologie incitant à "dire la vérité plutôt que de mentir" s'avérant insuffisants face à un tel enjeu, a reconnu Patrick Pépin, président de l'Association des médiateurs de la presse française, lors du colloque "Ethique et pandémie grippale".

"Il y a grand besoin d'un plan de réflexion des médias par eux-mêmes sur ce que signifierait cette échéance", a relevé Nicole Questiaux, ancienne vice-présidente du Comité consultatif national d'éthique (CCNE).

Pour acquérir une légitimité, les journalistes devront eux-mêmes s'être interrogés sur l'éthique de leur message, a ajouté l'actuel président du CCNE, le Pr Didier Sicard.

Outre les médias nationaux et internationaux, textos et bloggeurs "soumis à aucune règle de vérification de l'information" seraient aussi diffuseurs de nouvelles, voire de rumeurs, a souligné Patrick Pépin.

"Une partie du travail des médias risque d'être parasitée par ces nouveaux modes d'information", tandis que la puissance publique "pourrait souhaiter devenir elle-même acteur éditorial" en cherchant à "dicter ce qui est dit", a-t-il ajouté.

Pour que les journalistes ne dépendent pas complètement de sources institutionnelles, il a jugé "essentiel un travail de préparation réciproque" avec les professions de santé, dont de nombreux représentants participaient au colloque, pour "arriver à des logiques d'éthique partagée".

Il a aussi invité les spécialistes à plus de cohérence, rappelant l'effet "absolument catastrophique" sur le public d'une multiplicité d'informations peu concordantes lorsque le virus aviaire H5N1 est apparu l'an dernier en Europe.

Pour que la population accorde du crédit aux conseils pratiques que les médias peuvent être appelés à relayer en temps de crise, il faut que les autres informations données soient fiables, a-t-il insisté, fort de son expérience à Radio France durant la tempête de l'hiver 1999-2000 et lors de la création de radios au Rwanda pour renouer les liens familiaux.

Xavier Emmanuelli, cofondateur de Médecins sans frontières, s'est pour sa part montré pessimiste quant à une capacité d'auto-régulation des médias.

"Il leur faut des informations et des images qui se vendent. Si elles sont +soft+, elles ne trouvent pas d'acquéreur", donc ils sont "obligés de faire de la surenchère", a-t-il relevé, estimant qu'en cas de pandémie il faudrait "peut-être s'acheminer vers un contrôle des médias".

Gouvernement français : Direction du Développement des médias

Remarque de RJP:

Instructif cette dépêche est accessible uniquement  par le cache de Google...

A relire cet article d'une plume du MONDE, Jean-Yves Nau:

Ethique et grippe aviaire

article paru en décembre 2005

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-717942,0.html



 

Publié dans Documentation

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

ryback 28/10/2006 21:40

mci pour le lien.