Point général sur HxNx chez les Oiseaux sauvages.

Publié le par member RJP

Point général sur HxNx chez les Oiseaux sauvages.
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Vous trouverez ci-dessous la reprise intégrale du point 71 du BBT N°242 ,  site dans la liste des favoris  de ce blog.  
 
71. B Olsen et al.; Science 312 (21APR06) 384-388 ont étudié le patron global des infection des oiseaux sauvages par le virus de l'influenza A H5N1 en Asie. Les souches aviaires sont classables en souches à haute pathogénicité (HP, ce sont les H5 et H7) et à faible pathogénicité LP.
La différence entre les deux consiste en l'introduction chez les HP d'un acide aminé basique au site de clivage de HA en HA1 et HA2.
Les souches isolées au cours de la dernière décade sont les H5N1 en Asie, Russie,Moyen Orient, Europe et Afrique (ceci depuis 1997); H5N2 au Mexique (1994), Italie (1997) et Texas (2004); H7N1 en Italie (1999); H7N3 en Australie (1994), Pakistan (1994), Chili (2002 et Canada (2003); H7N4 en Australie (1997) et H7N7 aux Pays Bas (2003).
Les souches LP ont été isolées d'au moins 105 espèces différentes d'oiseaux de 26 familles différentes. Mais ce sont, parmi les espèces sauvages, les Ansériformes (oies, cygnes et canards) d'une et Charadriiformes (mouettes, sternes et échassiers) qui sont les hôtes principaux. Les formes à faible pathogénicité du virus se contente d'infecter le tube digestif, mais sont excrétées en très grandes quantités. Une telle primo-infection permet, dans certains cas, de mieux résister aux souches à haute pathogénicité, comme cela a été constaté chez le poulet, et pour les migrateurs de pouvoir migrer comme des non infectés.. Le virus survit plusieurs jours à 22° dans les eaux, et un mois à 0°. C'est probablement là l'explication de la fréquence élevée des infections chez les oiseaux aquatiques. Mais ce sont aussi de fréquents migrateurs sur grandes distances. Sur ces grandes distances ils font plusieurs escales où ils séjournent quelques jours pour se refaire et ceci représente souvent plus que le temps de vol. Et comme ils se regroupent souvent avec de fortes densités, se sont autant d'occasions de diffusion du virus.
On a étudié la fréquence de ces infections lors de la migration des canards entre le Canada et les parties méridionales des Etats-Unis. Mais si la fréquence de ces formes LP est de l'ordre de 60% en début d'automne, avant le départ de la migration vers le sud, elle tombe à 0,4-2% sur les sites d'hivernage, et à 0,25% au retour au Canada. La même tendance s'observe en Europe, mais avec des fréquences du virus de 6,5% lors de la migration vers le sud. Ces fréquences indiquent que le canard suffit, à lui-seul, à expliquer la persistance toute l'année des souches LP. Les canards colvert (Anas platyrhynchos) sont les plus fréquemment infectés. Il faut rappeler à ce propos que ces canards changent fréquemment de sites de nidification et qu'ils se nourrissent dans les eaux superficielles.
Une étude longitudinale de 26 ans au Canada a montré que les sous-types H3, H4 et H6 sont les plus fréquents, H1, H2, H7, H10 et H11 moins fréquents, et H5, H8, H9 et H12 sporadiques chez les canards. En Europe, ce sont plutôt les sous-types H3, H4 et H6 sont parmi les plus fréquents. Un facteur à ne pas oublier et qu'il existe des cycles pour ces différents sous-types. De plus, on n'a jamais pu établir de corrélation ferme entre sous-type des oiseaux sauvages et ceux de la volaille.
On connaît relativement bien les aires, ainsi que les limites de migration pour les principaux anatidés. Les sites les plus propices à un mélange de populations sont les fleuves Sénégal et Niger ainsi que le lac Tchad.
Le premier cas d'isolement d'un virus grippal d'oiseau de mer a été réalisé en Afrique du Sud en 1961 de Sterna hirundo avec un sous-type H5N3 hautement pathogène. La plupart des souches à faible pathogénicité des mouettes et goélands sont du sous-type H13 rarement observé chez les autres oiseaux. .Un nouveau (?) sous-type dérivant de H13, H16 a été caractérisé en Suède chez des mouettes rieuses. Mais les séquences de ces virus grippaux aviaires sont nettement distinctes à présent des autres virus aviaires et ne sont pas capables d'infecter les canards, par exemple.
Les études sur échassiers sont plus disparates, mais ces oiseaux semblent jouer un rôle particulier pour certains sous-types. C'est le cas, en Amérique du Nord pour les sous-type H1 à H12 avec une prédominance pour H1, H2, H5, H7, H9, H10, H11 et H12 et une grande diversité des neuraminidases contrairement à ce que l'on observe pour les canards, mais le pool des gènes communique quand même bien avec celui des Anatidés. En Europe le schéma est différent.
Ce n'est d'ailleurs pas étonnant car les virus aviaires eurasiens et américains de la grippe constituent deux lignées différentes.
Les limicoles des deux continents donnent également lieu à des recouvrements dans leurs distribution lors des migrations (Sibérie orientale vers l'Australie, ou vers l'Ouest américain): ceux des canards étant moins accusées. Cependant Anas acuta (le canard pilet) est observé sur les deux continents et peuvent donner lieu à un pont pour l'influenza. .
Les huit segments du génome de l'influenza facilite les réassortiments et on les détecte effectivement dans les réservoirs aviaires, mais leur importance pour l'évolution est, dans ce cas mal comprise. L'épizootie asiatique de H5N1 de 1997 (une souche à haute pathogénicité (d'où l'émoi suscité). a causé la disparition de 10% de la population des Anser indicus (Oie à tête barrée ou à bec court, de nos parcs) et a frappé l'opinion avec le décès de plusieurs cygnes (Cygnus olor ou Cygne tuberculé, et Cygnus cygnus ou Cygne chanteur) qui sont, en effet plus spectaculaires qu'un merle ou un moineau). Mais plus sérieusement observée cette souche a tué 960 espèces d'oiseaux sauvages, en dehors d'un certain nombre de félidés, humains et porcins. Ce virus a dû continuellement circuler depuis 1997 chez les oiseaux domestiques en Asie du Sud-Est et de multiples sous-lignées se sont établis de façon endémique, ce qui a été constaté en Chine depuis 1999.
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le BBT N° 242 de juillet Aout 2006 PDF de 59 pages est téléchargeable à  l'adresse :
De nombreux points présents sont très intéressants
 

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