ELECTION A L 'OMS

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Qui prendra la tête de l’OMS? Semaine décisive à Genève

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Santé - Onze candidats briguent la direction générale. Il n’y aura plus que cinq favoris ce soir. Et un élu demain. Suspense.

aude marcovitch
Publié le 06 novembre 2006

Semaine décisive à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). C'est demain en effet que sera désigné son nouveau directeur général. Parmi les onze candidats toujours en lice, les spéculations vont bon train pour déterminer le favori. Les 34 Etats membres du Conseil exécutif de cette agence onusienne devront choisir le chef de l'institution parmi cinq Asiatiques, un Latino-Américain, un Africain et quatre Européens.

Parallèlement à la visibilité croissante d'une organisation qui a vu sa place croître sur la scène internationale avec le développement d'épidémies telles que le sida, le SRAS et les menaces que la grippe aviaire font peser sur la santéhumaine, le poste de directeur général est devenu très convoité.

Depuis le décès du docteur sud-coréen Lee Jong-wook en mai dernier des suites d'une attaque cérébrale, les candidats se sont peu à peu fait connaître. Trois d'entre eux ont mené une campagne médiatique en sus des luttes d'influence diplomatiques. Ainsi, le Français Bernard Kouchner, ancien ministre de la Santé et fondateur de Médecins sans frontières, a mis en avant sa personnalité dynamique et bouillonnante. Affirmant souhaiter une plus grande transparence de l'organisation, il veut créer une nouvelle «OMS sans frontières», vers laquelle les Etats pourront se tourner «avec la même confiance que l'on s'adresse à son médecin de famille».

A l'inverse, l'actuel ministre mexicain de la Santé, Julio Frenk, s'est présenté comme le candidat du consensus, s'affichant comme le «médiateur pour le dialogue et l'interaction entre les pays membres».

Enfin le Japonais Shigeru Omi, directeur général de l'OMS pour le Pacifique ouest, a rappelé sa gestion courageuse de l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003, lors de laquelle il avait notamment encouragé les Etats membres à déconseiller les voyages en Chine.

A mesure que s'approche la date de désignation des candidats, plusieurs d'entre eux paraissent se détacher du lot. Dans la liste restreinte des cinq postulants retenus, qui sera annoncée aujourd'hui par le Conseil exécutif, pourraient
figurer Bernard Kouchner, la Chinoise Margaret Chan, sous-directrice générale de l'OMS, et le Mexicain Julio Frenk. Les chances sont plus minces pour le Japonais Shigeru Omi dont le pays a déjà placé un directeur général entre 1988 et 1998.

Par ailleurs, depuis la nomination du secrétaire général des Nations Unies, le Sud-Coréen Ban-Ki moon, l'Asie pourrait voir lui échapper le poste, l'équilibre des représentations géographiques parmi les différentes institutions étant un élément central des nominations onusiennes.

Selon ces exigences géographiques, l'Afrique, seule région à n'avoir jamais eu de repré­sentant à la tête de l'OMS, peut légitimement plaider pour ce poste. Mais un seul candidat africain est sur les rangs cette année, le Mozambicain Pascoal Mocumbi, ancien premier ministre entre 1994 et 2004. Le docteur Mocumbi, qui a obtenu son diplôme de médecine à l'Université de Lausanne en 1967, partage
avec le Mexicain Julio Frenk une particularité: tous deux étaient déjà dans la course lors de la précédente élection fin 2002.

Une fois les cinq candidats de la liste restreinte sélectionnés aujourd'hui, chacun d'entre eux se présentera mardi face aux 34 Etats du Conseil exécutif, qui désigneront l'élu demain. Ce choix sera enfin approuvé jeudi formellement par l'Assemblée de l'OMS.


Polémique autour de la candidature chinoise

La Chine peut-elle placer un représentant à la tête de l'OMS? Alors que l'actuelle sous-directrice générale chargée des maladies transmissibles, Margaret Chan, est sur les rangs et compte parmi les favoris, les relations entre l'organisation et Pékin ne manquent pas de complexité.

Parmi les arguments en faveur du géant chinois, citons son poids politique et économique en forte ascension. Par ailleurs, Pékin n'a jamais brigué la tête de l'OMS et aucun de ses représentants n'a à ce jour dirigé une organisation onusienne, exception faite de sa place enviable comme membre permanent du Conseil de sécurité.

En outre, c'est dans cette partie de l'Asie que se sont déclaré récemment deux maladies particulièrement menaçantes, illustrant les besoins d'une action soutenue de l'OMS sur ce terrain. Le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et l'épizootie de grippe aviaire se sont en effet déclarés en Extrême-Orient: sur les quelque 800 morts dus au SRAS entre 2003 et 2004, environ 350 étaient Chinois. Par ailleurs, les premières résurgences de la grippe aviaire sont apparues à
Hongkong en 1997.

Dissimulation

Mais d'autres éléments jettent un voile plus trouble sur la candidature de la Chine. Lors de la crise de la grippe aviaire, Pékin, parallèlement à d'autres gouvernements asiatiques, a été accusé d'avoir dissimulé et minimisé l'apparition du virus dans les élevages pour éviter leur destruction. Ainsi, le représentant de l'OMS en Thaïlande, Bjorn Melgaard, affirmait à l'époque que «l'économie et l'agriculture pèsent trop lourdement dans les décisions prises par ces
gouvernements, et plus d'attention devrait être portée au risque encouru par les êtres humains».

Par ailleurs, Pékin a tardé à admettre que des cas humains avaient été découverts sur son sol. A sa décharge, l'étendue de son territoire rend la transmission des informations mal aisée.

Dans le cas du SRAS, l'OMS a constaté une fois encore des déficits dans la coopération avec Pékin. Lors d'un renouveau de l'épidémie en 2004, le cas d'un patient révélé tardivement et qui n'avait pas été placé en isolement a fait grand bruit. «Ce cas suscite un certain nombre d'inquiétudes sur la manière dont la maladie de cet homme a été diagnostiquée, traitée et révélée», indiquait l'OMS.

A la suite de cette accusation, la Chine faisait amende honorable et reconnaissait des dysfonctionnements dans la gestion de l'événement. Aujourd'hui, les responsables de l'OMS affirment avoir d'«excellentes relations» avec Pékin et laissent entendre que ces épisodes malheureux n'étaient que des détails ou de mauvais souvenirs.

Publié dans infos Zone GLOBE OMS

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