enquête/ FRANCE TEXTES OFFICIELS

Vendredi 24 mars 2006
PETITE ENQUETE SUR UN GRAND MYSTERE :
L'arrêté du 15 février 2006 paru au JO 46 du 23 février 2006
 
Flânant un jour sur internet, je découvre ce texte avec stupeur ;
Pour bien comprendre ce qui est autorisé, donc légal en France, il faut retourner positivement, l'expression : ce qui est « interdit sauf »
Etant donné la longueur de cet arrêté, je me permettrai de l'analyser en caractères bleu, au sein du texte même.
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RESUME  : en FRANCE  les volailles ( poulets, dindes, canards, poussins d'un jour ?) peuvent toujours être importées, détenues ou mises sur le marché,  en provenance de Thaïlande , de Chine , de Malaisie, du Cambodge, d'Indonésie, du Kazakhstan, du Laos, de Mongolie, de Corée du Nord, du Pakistan, du Viêt Nam, et de la Russie .
Sont interdites les volailles en provenance de Turquie, et de certaines régions de la Roumanie et de la Croatie
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Et ceci, à fin d'être en conformité avec la législation de la CEE .
 
Arrêté du 15 février 2006 portant suspension de l'importation, la détention et de la mise sur le marché de produits en provenance de certains pays tiers
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Pour mémoire, je rappelle que le Ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau, a annonçé la présence du H5N1 en France le samedi 18 février
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Et que le 23 février, jour de la parution de ce texte au JO, on découvrait la contamination de l'élevage industriel  de dindes de Versailleux.
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NOR : ECOC0600008A


Le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, le ministre de la santé et des solidarités et le ministre délégué au budget et à la réforme de l'Etat , porte-parole du Gouvernement,

Curieusement, le Ministre de l'Agriculture ne signe pas ce texte !


Vu la décision 2000/666/CE de la Commission du 16 octobre 2000 arrêtant les conditions de police sanitaire et la certification vétérinaire requises pour les importations d'oiseaux, à l'exclusion des volailles, ainsi que les conditions de quarantaine ;

Vu la décision 2005/432/CE de la Commission du 3 juin 2005 établissant les conditions sanitaires et de police sanitaire ainsi que les modèles de certificats pour l'importation de produits à base de viande destinés à la consommation humaine en provenance de pays tiers ;

Vu la décision 2005/692/CE de la Commission du 6 octobre 2005 concernant certaines mesures de protection contre l'influenza aviaire dans plusieurs pays tiers ;

Vu la décision 2005/693/CE modifiée du 6 octobre 2005 concernant certaines mesures de protection contre l'influenza aviaire en Russie ;

Vu la décision 2005/733/CE du 19 octobre 2005 concernant certaines mesures de protection relative à une suspicion d'influenza aviaire hautement pathogène en Turquie ;

Vu la décision 2005/710/CE modifiée du 13 octobre 2005 concernant certaines mesures de protection relative à l'influenza aviaire hautement pathogène en Roumanie ;

Vu la décision 2005/758/CE du 27 octobre 2005 concernant certaines mesures de protection relative à une suspicion d'influenza aviaire hautement pathogène en Croatie ;

Vu la décision 2005/883/CE du 9 décembre 2005 concernant certaines mesures de protection relatives à une suspicion d'influenza aviaire hautement pathogène en Ukraine ;

Vu la décision 2006/7/CE du 9 janvier 2006 concernant certaines mesures de protection relatives aux importation de plumes en provenance de certains pays tiers ;

Vu le code de la consommation, notamment son article L. 221-5 ;

Vu les articles L. 236-1, L. 236-4 et L. 237-3 du code rural ;

Vu le code des douanes, et notamment son article 38 ;

Considérant que l'influenza aviaire est une maladie virale infectieuse très contagieuse touchant

  la volaille et les oiseaux, qui peut prendre rapidement les proportions d'une épizootie. Elle est susceptible de constituer une grave menace pour la santé animale et humaine ;

Considérant que la présence de l'influenza aviaire a été confirmée dans plusieurs pays d'Asie, dont le Cambodge, l'Indonésie, le Laos, le Pakistan, la République populaire de Chine, y compris le territoire de Hong Kong, la Corée du Nord, la Thaïlande, le Viêt Nam, la Malaisie et la Mongolie ;

Considérant que l'influenza aviaire
s'est propagée en Russie et en Turquie par les oiseaux migrateurs et que sa présence en Arménie, en Azerbaïdjan, en Géorgie, en Iran, en Iraq et en Syrie ne peut être exclue ;
Considérant que la réglementation communautaire n'a pas autorisé l'importation de certains produits d'origine animale en provenance de certains pays tiers ;

Considérant que des décisions communautaires viennent d'interdire l'importation, en provenance de pays tiers, de certains animaux vivants et produits animaux parce que ceux-ci constituent un risque d'introduction de l'agent pathogène,

Arrêtent :


Article 1

Sont suspendues, pour une durée d'un an, l'importation ,la détention et la mise sur le marchéà titre gratuit ou onéreux des produits suivants, originaires ou en provenance de Thaïlande :

- les oiseaux vivants,à l'exclusion des volailles, tels que définis à l'article 1er, troisième tiret, de la décision du 16 octobre 2000 susvisée, y compris les oiseaux de compagnie accompagnant leur propriétaire ;

Cela signifie que les volailles ( poulets, dindes, canards, poussins d'un jour ?) peuvent toujours être importés, détenus ou mis sur le marché, en FRANCE , en provenance de THAILANDE ?

- les viandes fraîches de volaille, de ratites, de gibier à plumes d'élevage et sauvage ;

- les produits carnés et préparations carnées contenant ou à base de viandes des espèces mentionnées à l'alinéa 2 ;

- les aliments crus pour animaux de compagnie et les matières premières non transformées pour aliments des animaux contenant tout ou partie des espèces mentionnées à l'alinéa 2 ;

- les oeufs destinés à la consommation humaine ;

- les trophées de chasse non traités de tous oiseaux ;

- les plumes et parties de plumes non transformées.

Ces dispositions s'appliquent aux produits issus d'oiseaux abattus après le 1er janvier 2004.

Ces dispositions ne s'appliquent pas à l'importation, la détention et la mise sur le marché de produits à base de viandes de volaille, de ratites, de gibier à plumes sauvage ou d'élevage ou en contenant lorsque les viandes des espèces précitées ont fait l'objet de l'un des traitements spécifiques mentionnés à la partie 4, points B, C ou D, de l'annexe II de la décision 2005/432/CE de la Commission susvisée.

Article 2

Sont suspendues, pour une durée d'un an, l'importation
, la détention et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux des produits suivants, originaires ou en provenance de Chine y compris le territoire de Hong Kong :

- les oiseaux vivants, à l'exclusion des volailles
, tels que définis à l'article 1er, troisième tiret, de la décision du 16 octobre 2000 susvisée, y compris les oiseaux de compagnie accompagnant leur propriétaire ;

Cela signifie que les volailles (poulets, dindes, canards, poussins d'un jour ?) peuvent toujours être importés , détenus ou mis sur le marché, en FRANCE , en provenance de CHINE ?

- les viandes fraîches de volaille ;

- les produits carnés et préparations carnées contenant ou à base de viandes de volaille ;

- les aliments crus pour animaux de compagnie et les matières premières non transformées pour aliments des animaux contenant toutes parties de volailles ;

- les oeufs destinés à la consommation humaine ;

- les trophées de chasse non traités de tous oiseaux ;

- les plumes et parties de plumes non transformées.

Article 3

Sont suspendues, pour une durée d'un an, l'importation , la détention et la mise sur le marché, à titre gratuit ou onéreux, des produits suivants, originaires ou en provenance de Malaisie :

- les oiseaux vivants, à l'exclusion des volailles,
tels que définis à l'article 1er, troisième tiret, de la décision du 16 octobre 2000 susvisée, y compris les oiseaux de compagnie accompagnant leur propriétaire ;

Cela signifie que les volailles (poulets, dindes, canards, poussins d'un jour ?) peuvent toujours être importés , détenus ou mis sur le marché, en FRANCE , en provenance de MALAISIE ?

- les aliments crus pour animaux de compagnie et les matières premières non transformées pour aliments des animaux contenant toutes parties de volailles ;

- les oeufs destinés à la consommation humaine ;

- les trophées de chasse non traités de tous oiseaux ;

- les plumes et parties de plumes non transformées.
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Article 4

Sont suspendues, pour une durée d'un an, l'importation, la détention et la mise sur le marché, à titre gratuit ou onéreux, des produits suivants, originaires ou en provenance du Cambodge, d'Indonésie, du Kazakhstan, du Laos, de Mongolie, de Corée du Nord, du Pakistan et du Viêt Nam :

- les plumes et parties de plumes non transformées ;

- les oiseaux vivants, à l'exclusion des volailles, tels que définis à l'article 1er, troisième tiret, de la décision du 16 octobre 2000 susvisée, y compris les oiseaux de compagnie accompagnant leur propriétaire.


Cela signifie que les volailles (poulets, dindes, canards, poussins d'un jour ?) peuvent toujours être importés , détenus ou mis sur le marché, en FRANCE , en provenance du Cambodge, d'Indonésie, du Kazakhstan, du Laos, de Mongolie, de Corée du Nord, du Pakistan et du Viêt Nam ?


Par dérogation, l'importation, la détention et la mise sur le marché de plumes et parties de plumes non transformées en provenance de Mongolie sont autorisées.
 
Article 5

Sont suspendues, pour une durée d'un an, l'importation, la détention et la mise sur le marché, à titre gratuit ou onéreux, des produits suivants :

- les plumes et parties de plumes non transformées en provenance des régions énumérées à l'annexe I ;

- les oiseaux vivants,
à l'exclusion des volailles, tels que définis à l'article 1er, troisième tiret, de la décision du 16 octobre 2000 susvisée, y compris les oiseaux de compagnie accompagnant leur propriétaire en provenance de Russie.
 
Cela signifie que les volailles (poulets, dindes, canards, poussins d'un jour ?) peuvent toujours être importés , détenus ou mis sur le marché, en FRANCE , en provenance de RUSSIE
 
Article 6

Sont suspendues, pour une durée d'un an, l'importation, la détention et la mise sur le marché, à titre gratuit ou onéreux, des produits suivants, originaires ou en provenance de Turquie :

- les volailles, les ratites, le gibier à plumes d'élevage et le gibier à plumes sauvage vivant et les oiseaux vivants autres que les volailles, tels que définis à l'article 1er, troisième tiret, de la décision du 16 octobre 2000 susvisée, y compris les oiseaux de compagnie accompagnant leur propriétaire ;

Les volailles en provenance de Turquie sont donc interdites en France !

- les produits issus des espèces aviaires susvisées.

Par dérogation, l'importation, la détention et la mise sur le marché des produits suivants sont autorisées :

- les préparations carnées à base de viandes ou contenant des viandes de volaille, de ratites, de gibier à plumes sauvage ou d'élevage lorsque les viandes des espèces susvisées ont fait l'objet de l'un des traitements spécifiques visés à la partie 4, points B, C ou D, de l'annexe II de la décision 2005/432/CE ;

- les plumes et parties de plumes qui, à la suite du traitement décrit à l'annexe I, point 55, du règlement (CE) no 1774/2002, ne sont plus considérées comme non transformées ;

- les ovoproduits pasteurisés destinés à la consommation humaine conformément aux exigences de la décision 97/38/CE.

Article 7

Sont suspendues, pour une durée d'un an, l'importation , la détention et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux des produits suivants :

- les volailles, les ratites, le gibier à plumes d'élevage et le gibier à plumes sauvage vivants ;

- les oeufs à couver de ces espèces,

originaires ou en provenance du territoire de Roumanie visé en partie A de l'annexe IV ;

Les volailles en provenance de ROUMANIE sont donc interdites en France !
Sont donc autorisées les volailles provenant des villes roumaines non citées en annexe !

- les viandes fraîches de volaille, de ratites, de gibier à plumes d'élevage et de gibier à plumes sauvage ;

- les préparations carnées et les produits à base de viandes ou contenant des viandes des espèces susvisées ;

- les aliments crus pour animaux de compagnie et les matières premières non transformées pour aliments destinés aux animaux contenant toutes parties des espèces susvisées ;

- les oeufs destinés à la consommation humaine ;

- les trophées de chasse non traités de tous oiseaux ;

- les plumes et parties de plumes non traitées,

originaires de la partie du territoire de la Roumanie mentionnée dans la partie B de l'annexe IV.

Ces dispositions s'appliquent aux produits issus de volailles abattues après le 1er août 2005.

Par dérogation, l'importation, la détention et la mise sur le marché des produits suivants sont autorisées :

- les produits contenant ou à base de viandes de volaille, de ratites, de gibier à plumes sauvage ou d'élevage lorsque les viandes des espèces susvisées ont fait l'objet de l'un des traitements spécifiques visés à la partie 4, points B, C ou D, de l'annexe II de la décision 2005/432/CE.

Article 8

Sont suspendues, pour une durée d'un an, l'importation , la détention et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux des produits suivants, originaires ou en provenance de la partie du territoire de la Croatie visée à l'annexe II :

- les volailles, les ratites, le gibier à plumes d'élevage et le gibier à plumes sauvage vivants et les oiseaux vivants autres que les volailles, tels que définis à l'article 1er, troisième tiret, de la décision du 16 octobre 2000 susvisée, y compris les oiseaux de compagnie accompagnant leur propriétaire ;
Les volailles en provenance de CROATIE sont donc interdites en France !
Sont donc autorisées les volailles provenant des villes roumaines non citées en annexe !

- les oeufs à couver de ces espèces ;

- les viandes fraîches de gibier à plumes sauvage ;

- les préparations carnées et les produits à base de viandes ou contenant des viandes de gibier à plumes sauvage ;

- les aliments crus pour animaux de compagnie et les matières premières non transformées pour aliments destinés aux animaux contenant toutes parties de gibier à plumes sauvage ;

- les trophées de chasse non traités de tous oiseaux ;

- les plumes et parties de plumes non transformées.

Ces dispositions s'appliquent aux produits issus de volailles abattues après le 1er août 2005.

Par dérogation, l'importation, la détention et la mise sur le marché des produits suivants sont autorisées :

- les produits contenant ou à base de viandes de gibier à plumes sauvage lorsque les viandes des espèces susvisées ont fait l'objet de l'un des traitements spécifiques visés à la partie 4, points B, C ou D, de l'annexe II de la décision 2005/432/CE.

Article 9

Sont suspendues, pour une durée d'un an, l'importation , la détention et la mise sur le marché, à titre gratuit ou onéreux, des plumes non traitées ou parties de plumes non traitées en provenance d'Ukraine.
 
Article 10
Sont suspendues, pour une durée d'un an, l'importation, la détention et la mise sur le marché de lots de plumes ou parties de plumes transformées, en provenance des pays visés par cet arrêté, dont les lots ne sont pas accompagnés d'un document commercial attestant que les plumes ou parties de plumes transformées ont été traitées par jet de vapeur ou toute autre méthode destinée à empêcher la propagation de pathogènes.

Ces dispositions ne s'appliquent pas aux plumes d'ornement transformées, aux plumes transformées transportées par des voyageurs pour un usage privé et aux lots de plumes transformées expédiés à des particuliers pour un usage industriel.
Article 11

Sont suspendues, pour une durée d'un an, l'importation, la détention et la mise sur le marché, à titre gratuit ou onéreux, de plumes et parties de plumes non traitées en provenance des pays énumérés à l'annexe III.
Article 12

Le directeur général des douanes et droits indirects, le directeur général de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et le directeur général de la santé sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 15 février 2006.


Le ministre de l'économie,des finances et de l'industrie,

Pour le ministre et par délégation :

Le directeur général de la concurrence,de la consommation et de la répression des fraudes,

G. Cerutti

Le ministre de la santé et des solidarités,

Pour le ministre et par délégation :

Le directeur général de la santé,

D. Houssin

Le ministre délégué au budget et à la réforme de l'Etat, porte-parole du Gouvernement,

Pour le ministre et par délégation :

Le directeur général des douaneset droits indirects,

F. Mongin



A N N E X E I

District fédéral extrême-oriental

Comprend les sujets suivants de la Fédération de Russie : oblast d'Amour, oblast autonome juif, oblast du Kamtchatka, district autonome de Koryakia, krai de Khabarovsk, oblast de Magadan, district autonome de Tchoukotka, krai de Primorsk, République de Sakha (lakoutie), oblast de Sakhaline.

District fédéral sibérien

Comprend les sujets suivants de la Fédération de Russie : République de l'Altaï, krai de l'Altaï, République de Bouriatie, oblast de Tchita, district autonome d'Aga Bouriatie, oblast d'Irkoutsk, district autonome d'Oust-Orda Bouriatie, République de Khakassie, oblast de Kemerovo, krai de Krasnoyarsk, district autonome de Taymyria, district autonome d'Evenki, oblast de Novosibirsk, oblast d'Omsk, oblast de Tomsk, République de Touva.

District fédéral de l'Oural

Comprend les sujets suivants de la Fédération de Russie : oblast de Kourgan, oblast de Sverdlovsk, oblast de Tioumen, district autonome des Khants et des Mansis, district autonome des Iamal-Nenets, oblast de Tchelyabinsk.

District fédéral central


Comprend les sujets suivants de la Fédération de Russie : oblast de Belgorod, oblast de Briansk, oblast d'Ivanovo, oblast de Kalouga, oblast de Kostrama, oblast de Koursk, oblast de Lipetsk, Moscou (capitale du pays), oblast de Moscou, oblast d'Oreol, oblast de Riazan, oblast de Smolensk, oblast de Tambov, oblast de Tver, oblast de Toula, oblast de Vladimir, oblast de Voronej, oblast d'Iaroslavl.


District fédéral du Sud

Comprend les sujets suivants de la Fédération de Russie : République des Adyguéens, oblast d'Astrakhan, République de Tchétchénie, République du Daguestan, République d'Ingouchie, Kabardino-Balkarie, République de Kalmoukie, République des Karatchaï-Tcherkesses, krai de Krasnodar, République d'Ossétie du Nord, krai de Stavropol, oblast de Rostov, oblast de Volgograd.

District fédéral du Nord-Ouest

Comprend les sujets suivants de la Fédération de Russie : oblast d'Arkhangelsk, République des Komis, oblast de Novgorod, oblast de Pskov, oblast de Vologda.

District fédéral de Privoljsk (Volga)

Comprend les sujets suivants de la Fédération de Russie : République de Bachkirie, République de Tchouvachie, oblast de Kirov, République des Maris, République de Mordovie, oblast de Nijni-Novgorod, oblast d'Orenbourg, oblast de Penza, oblast de Perm, district autonome de Permyakia, oblast de Samara, oblast de Saratov, République du Tatarstan, République d'Oudmourtie, oblast d'Oulianovsk.


A N N E X E I I


Circonscriptions de :

Viroviticko-Podravska.

Osjecko-Baranjska.


A N N E X E I I I

Géorgie.Arménie.Azerbaïdjan.Iran.Iraq.Syrie .

A N N E X E I V

PARTIE A

Tout le territoire de la Roumanie.

PARTIE B

Circonscriptions de :

Arges.Bacau.Botosani.Braila.Bucuresti.Buzau.Calarasi.Constanta.Dimbovita.Dol.Galati.Giurgiu.Gorj.Ialomita.Iasi.Ilfov.Mehedinti.Neamt.Olt.Prahova.Suceava.Teleorman.Tulcea.Vaslui.Vilcea.Vrancea.
Par member CaT
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Samedi 1 avril 2006
assemblee-nationale.fr/12/miga/05-06/c0506036.asp#P7_24
 

Mercredi 8 mars 2006

(...)M. Bernard VALLAT, Directeur général de l'organisation internationale des épizooties (OIE), M. Philippe VANNIER, directeur de la santé animale à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA),

Présidence de M. Jean-Marie LE GUEN, Président

M. le Président : (...) je voudrais vous faire part des impressions des députés de la mission qui ont effectué un déplacement au Sénégal et au Mali il y a quelques jours.

Tout d'abord, nous avons noté qu'en dépit de la gravité de la situation en Afrique, et dans l'état actuel des choses, aucune alerte précise n'a été relevée dans ces deux pays. Nous avons trouvé des autorités politiques, administratives et scientifiques très motivées et conscientes du risque, des programmes d'action sérieux et de très bonne qualité, qui méritaient tout à fait le soutien et l'approbation des autorités scientifiques nationales et internationales - OIE, CIRAD, IRD, etc. Or, malgré les initiatives prises par les pays d'Afrique de l'Ouest, qui ont créé un forum d'actions contre la grippe aviaire et ouvert à cet effet un compte commun à la Banque africaine du développement, ces pays n'ont reçu aucun soutien financier international. La FAO, agence internationale de l'ONU elle-même, si l'on en croit son directeur, M. Diouf, n'a vu arriver, en tout et pour tout, à cette heure, que la somme dérisoire de 16 millions d'euros !

Une première conférence internationale s'était réunie début novembre à Genève, à l'initiative de la France et de l'Union européenne, où l'on avait sonné la mobilisation et fait taire les divergences d'approche entre l'OMS et l'OIE ; une deuxième conférence a eu lieu à Pékin à la mi-janvier, à laquelle notre rapporteur et moi-même avons assisté, où l'on a pu célébrer la mobilisation internationale, la Banque mondiale déclarant avoir reçu - pour partie sous forme de promesses, certes - 1,9 milliard de dollars. Et aujourd'hui, alors que les systèmes d'alerte et de surveillance doivent être financés de toute urgence - c'est une question de jours - on nous a raconté qu'au Mali, alors que les procédures et le savoir-faire sont là, ils n'ont pas d'argent pour payer l'essence de la mobylette du technicien vétérinaire chargé d'inspecter les élevages, qui se trouvent à 30 ou 40 kilomètres de la capitale ! Nous sommes stupéfaits, alors que ces sommes ont été mobilisées depuis un mois et demi, de découvrir que la Banque mondiale, d'ordinaire assez portée à donner des leçons de bonne gouvernance au reste la planète, est incapable de mettre un minimum d'argent à la disposition des pays les plus concernés qui, de leur côté, ont fait tous les efforts possibles et imaginables. Ce faisant, non seulement on les décourage, mais on décrédibilise la politique internationale.

J'appelle, par ce cri de colère et de mobilisation, les organismes internationaux payeurs à passer à l'action : il n'y a absolument aucune raison d'attendre des semaines pour débloquer les premières sommes, au demeurant très modestes au regard des enjeux économiques, sociaux et humains. Nous demandons solennellement à la communauté internationale, et le Gouvernement français aura certainement à cœur de relayer cet appel auprès de l'Union européenne, des organismes internationaux et notamment de la Banque mondiale, de libérer les financements au plus vite. Et s'il advenait que des promesses n'étaient pas concrétisées, il nous appartiendrait de clamer notre colère face à l'opinion publique mondiale et de dénoncer l'inconscience d'une communauté internationale, incapable de prendre ses responsabilités face à des pays particulièrement défavorisés et pourtant totalement conscients et mobilisés.

Mais peut-être M. Bernard Vallat, en tant que représentant d'une de ces organisations internationales, pourrait-il nous apporter des informations, voire nous rassurer pour partie...

M. Bernard VALLAT : La Banque mondiale travaille d'arrache-pied pour mettre en place des programmes nationaux au profit des pays qui en ont le plus besoin, et notamment des pays d'Afrique. Son conseil d'administration vient de décider l'affectation de 500 millions de dollars destinés à couvrir les engagements pris à Pékin, mais il s'agit très majoritairement de procédures de prêts. Or, de nombreux pays, compte tenu de leur situation, répugnent à s'endetter davantage. Le fonds fiduciaire, destiné à recevoir les dons de l'Union européenne et de bailleurs de fonds bilatéraux, n'a vu arriver à ce jour que 50 millions de dollars sur le milliard promis... Autrement dit, cette situation n'est pas le fait la Banque mondiale, mais bien des bailleurs de fonds bilatéraux ou régionaux, comme l'Union européenne, qui n'ont pas tenu leurs engagements.

M. le Président et M. le Rapporteur : Qui n'ont pas tenu leurs engagements ?

M. Bernard VALLAT : Parfaitement, et le plus mauvais élève est l'Union européenne, qui n'a toujours pas décidé de quelles manières seraient affectés les financements promis à Pékin. Les directions générales impliquées - santé et protection des consommateurs, développement, relations extérieures - sont toujours en discussion, d'autant que la mobilisation du financement passe par l'agence AIDCO.

M. le Rapporteur : Rappelez-nous les montants...

M. Bernard VALLAT : Sont attendus pour l'Afrique 30 millions d'euros. Mais ils ne sont toujours pas affectés et le mécanisme n'est toujours pas décidé. Il y a vraiment là, pour un pays membre, matière à interpeller la Commission.

Se pose également le problème, déjà relevé à Pékin, de la gouvernance en Afrique, où les fonctions publiques ont été démembrées et déstabilisées par des ajustements structurels. Si, ainsi que vous avez pu le constater, les pays se sont effectivement mobilisés et ont pris en compte nos messages techniques, leurs services vétérinaires sont incapables de mettre en œuvre une législation, aussi bonne soit-elle. Il y a vraiment un problème d'amélioration de la gouvernance ; mais nous avons eu la satisfaction de voir que la Banque mondiale, après avoir contribué à déstabiliser les fonctions publiques en Afrique, voudrait maintenant revenir en arrière et nous aider à y améliorer la gouvernance ; malheureusement, cela suppose une action de fond qui prendra des années.

Notre sentiment est que l'Afrique s'installe dans l'endémicité comme cela avait été le cas pour l'Asie où, trois ans après le début de l'épizootie, de nouveaux foyers animaux, et même humains, continuent d'apparaître, y compris en Chine. Nous avons toutefois la satisfaction de remarquer que la Thaïlande et le Vietnam n'ont plus de foyers depuis plusieurs mois. Il sera très intéressant de comparer l'effet des stratégies, très différentes, suivies par ces deux pays ; quoi qu'il en soit, le fait est que les mesures structurelles prises début 2004 commencent à y produire leurs effets. Il est donc important de débloquer des fonds d'urgence ; mais surtout, finançons en parallèle des améliorations structurelles pour lutter contre ces maladies animales. Faute de quoi, les fonds d'urgence seront rapidement dilapidés et il faudra s'attendre à d'autres crises dans les mois qui viennent.

M. Denis JACQUAT : Monsieur le président, je propose à la mission de rédiger une motion interpellant l'Union européenne. Cette situation n'est absolument pas normale et doit nous mobiliser. J'ai également sursauté en découvrant qu'il ne s'agissait pas de subventions, mais de prêts : autant dire que cela ne marchera jamais. Il est de notre devoir d'interpeller l'Union européenne sur ses défaillances.

M. le Président : J'approuve totalement votre demande. Cela dit, les prêts de la Banque mondiale ne représentent que 500 millions de dollars sur 1,9 milliard ; il y a également des contributions directes des États-Unis, du Japon, de l'Union européenne et de bailleurs bilatéraux - ainsi la France, qui contribue dans le cadre européen, mais qui intervient aussi directement à hauteur de 11 millions d'euros, sans compter les actions dans le cadre de la coopération ou par le biais d'organismes comme le CIRAD et l'IRD, etc. Reste que les manquements de l'Union européenne témoignent non seulement d'une absence de solidarité invraisemblable, mais également d'une imbécillité grave dans la mesure où la situation en Afrique nous touche très directement.

On a beau jeu, monsieur le directeur général, de critiquer le défaut de gouvernance de l'Afrique : celui de l'Europe en la matière est gravissime. De surcroît, nous avons eu le sentiment que les États africains avaient fait un effort tout à fait particulier, notamment sur la traçabilité des fonds, en ouvrant un seul compte à la BAD pour des programmes d'urgence. Sans doute pourrait-on faire mieux, mais je ne voudrais pas qu'à force d'exiger des critères de gouvernance et de transparence absolue, l'argent n'arrive jamais sur le terrain.

D'un autre côté, vous ouvrez un débat, que je trouve pour ma part tout à fait légitime, sur les politiques du FMI et de la Banque mondiale qui ont abouti, depuis une vingtaine d'années, à démolir toutes les politiques publiques d'éducation et de santé animale et humaine. Je trouve intéressant de vous voir pointer ainsi du doigt les graves déficits qui ont découlé du consensus de Washington. Malheureusement, nous sommes contraints par l'urgence, et si nous ne donnons pas le sentiment d'une mobilisation solidaire et immédiate vis-à-vis de ces gouvernements et administrations impliqués dans la lutte contre la grippe aviaire, non seulement nous n'arrêterons pas la progression de l'endémie, mais, à un moment ou à un autre, tous ces pays seront parfaitement fondés à nous reprocher d'être largement responsables de la situation dont ils souffriront et nous demain. On aurait tort de sous-estimer les lourdes conséquences d'un retard et d'un manquement de notre part dans le déblocage des aides d'urgence, non seulement en termes de santé, mais également en termes de crédibilité de nos politiques sur la scène internationale.

M. Gabriel BIANCHERI : En tant que parlementaires nationaux, nous ferions aussi bien de faire passer cet appel à notre interlocuteur naturel, autrement dit le Gouvernement de la France, à charge pour lui d'actionner les instances européennes. Il me semble que cela serait le circuit le plus normal.

Nous avons constaté deux choses lors de notre déplacement : premièrement, l'Afrique concentre toutes les conditions de l'apparition de foyers de plus en plus nombreux pour atteindre l'état endémique. Aux facteurs déjà connus ailleurs - concentrations aviaires, techniques d'élevage, activité commerciale intense et très différente de nos propres pratiques -, s'ajoute le va-et-vient des migrateurs, dont le rôle, bien qu'encore mal expliqué, est indéniable, qui font la jonction entre l'Afrique et l'Europe, et tout particulièrement la France... Autrement dit, nous avons tout intérêt, pour notre propre prévention, à lutter autant que faire se peut contre l'apparition de foyers dans ces pays. Ou alors, c'est qu'on n'a pas compris grand-chose...

Deuxièmement, les responsables que nous avons rencontrés au Sénégal et au Mali ont pris réellement conscience de la situation. Non seulement nous avons une action de prévention à conduire, mais nous avons affaire à des gens qui y sont disposés... Nous passerions à côté si nous ne leur donnions pas les moyens de le faire, ce qui, du coup, nous aidera à nous prémunir contre l'apparition de foyers supplémentaires d'infection.

M. le Président : Je suis parfaitement d'accord. La France et l'Europe jouent tout simplement leur crédibilité dans cette affaire. Si l'argent n'arrive pas rapidement sur le terrain - d'autant qu'une dizaine de millions d'euros suffirait largement pour commencer -, indépendamment de ce qui se passera sur le plan sanitaire, nous serons totalement décrédibilisés sur le plan politique et ce sera très grave pour l'avenir. Si l'endémie venait à s'installer de façon permanente dans certaines régions au monde, on ne manquera pas de rappeler que la France et l'Europe n'ont pas fait ce qu'il fallait en temps réel, tantôt à cause de procédures bureaucratiques, tantôt en raison d'égoïsmes nationaux, tantôt pour avoir fait la fine bouche sur leurs partenaires en Afrique... Nous porterons une responsabilité considérable. Il faut dénoncer les insuffisances de l'Union européenne et demander au Gouvernement français de se mobiliser dans ce sens.

M. le Rapporteur : Cela correspond à ce que nous avions constaté en Turquie voilà quinze jours : chacun, dans cette affaire, a tendance à « jouer perso ». Le gouvernement turc considère qu'il n'a pas de conseils à recevoir de l'extérieur, l'Allemagne également et j'apprends ce matin même le décès d'une fillette de neuf ans dans la province de Chine où je me trouvais il y a trois jours et dont le secrétaire général m'assurait n'avoir aucun cas humain à signaler...

Par memberCaT
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