enquête/ Industrie Avicole / MONDE

Jeudi 23 mars 2006

Rapport Grain, Piet Vanthemsche, le patron de la cellule de crise Grippe aviaire réagit

22/03/2006   

• Le dossier publié par Grain (voir notre dépêche sur le rapport lui-même) et mettant en cause l’industrie avicole fait des vagues.
• Alter Business News a interrogé le Docteur Piet Vanthemsche, Administrateur délégué de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) et patron de la cellule Grippe aviaire pour recueillir son avis.
• Il dénonce le caractère unilatéral de ce rapport, mais admet une dérive.

ABN : L’industrie avicole mondiale est-elle à l’origine de la crise de la grippe aviaire ?
Piet Vanthemsche : « L’épidémiologie est un ensemble de mécanismes complexes et tous les secteurs jouent un rôle : faune sauvage, volaille de basse-cour et élevage intensif. J’ai consulté nos experts en Belgique selon lesquels le virus qui nous concerne ne se développe pas en premier lieu via l’industrie avicole. Par contre, il est clair que si le virus entre dans la filière professionnelle, le risque est beaucoup plus élevé. »

ABN : Ne diabolisons-nous pas à l’excès la volaille de basse-cour et les oiseaux sauvages ?
P. V. : « Je pense que toutes nos mesures sont équilibrées vis-à-vis des différents risques. Et donc je ne partage pas la conclusion de Grain qui dit qu’on se trompe d’ennemi. Il n’est nullement dans nos intentions de diaboliser la volaille de basse-cour ou les oiseaux migrateurs. Au niveau de la faune sauvage, on se contente d’ailleurs de monitoring et les mesures de confinement au niveau particulier sont sans commune mesure avec les réglementations beaucoup plus strictes en vigueur depuis l’année passée dans le secteur industriel. »

ABN : En France, c’est pourtant bien l’élevage industriel qui a été touché…
P.V. : « Il y a eu un cas dans un élevage. Mais il y a également eu plusieurs cas parmi des oiseaux sauvages. Utiliser l’exemple de la France pour en déduire le mode de dispersion de la maladie est un peu court. Le rapport de Grain est sans doute une réaction vis-à-vis de la médiatisation partielle du problème. Que voit-on dans nos journaux tous les jours : des oies sauvages, des canards… Chaque oiseau mort devient une primeur mondiale et c’est cette image qu’ils essaient de casser. Mais leur rapport propose une vision unilatérale des choses. »

ABN : Au niveau de la communication gouvernementale en Belgique, l’accent est pourtant clairement mis sur les migrations et la volaille de basse-cour ?
P. V. : « C’est parce que l’industrie a ses propres canaux d’information. Sur le site de l’agence alimentaire, on trouve des pages et des pages d’informations très techniques pour les professionnels. Le site Influenza est un site généraliste, sur lequel on trouve des informations utiles au grand public. Ceci dit, je veux bien accepter la critique selon laquelle la perception du problème peut s’en trouver déformée, parce qu’effectivement on n’y parle pas de l’élevage industriel. »

Petit mea culpa, donc. De là à remettre en cause les systèmes de production intensifs de l’industrie alimentaire, il y a un pas… que le commissaire interministériel Influenza, administrateur délégué de l’Agence fédérale pour la Sécurité alimentaire, ne souhaite nullement franchir.

Plus d’info :
Rapport Grain

http://www.alterbusinessnews.be/fr/rapport-grain-piet-vanthemsche-le-patron-de-la-cellule-de-crise-grippe-aviaire-reagit-va13618.html

 

Par Le drakkar bleu noir
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Samedi 25 mars 2006

La consommation de volaille dans le monde en 2005

infographie ICI

 

source Le Monde
Par member RJP
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Samedi 25 mars 2006
L'élevage industriel, à l'origine de l'épidémie de grippe aviaire ?


Illustration : L'élevage industriel, à l'origine de l'épidémie de grippe aviaire ? Développement durable
 
Développement durable

La grippe aviaire et le virus H5N1 défraient la chronique. Si les victimes animales et les risques de contagion à l’homme sont régulièrement évoqués, il est plus rare de mentionner les travaux scientifiques qui soulignent que l’épidémie actuelle est liée à la réactivitation d’un virus connu depuis plus de 40 ans. Le H5N1 serait devenu aussi virulent à cause de l’organisation mondiale de la production de poulets qui concentre, en Asie du Sud Est, 40 % des élevages mondiaux. La polémique est née en Angleterre autour des supermarchés Tesco propriétaires d’immenses poulaillers en Thaïlande.

La polémique a commencé dans le Times de Londres par une lettre, publiée le 28 octobre 2005 : « Monsieur, Je blâme les supermarchés voraces d'avoir, involontairement, causé la grippe aviaire, en pressant les éleveurs d'Asie de produire des oiseaux au plus bas prix, détruisant ainsi le secteur des volailles du Royaume-Uni, où l'hygiène, le bien être animal et les normes de l'UE ont toujours primé (…) Certes les supermarchés et grossistes ne peuvent pas vérifier l'application des règles d'hygiène chez tous les fournisseurs. Toutefois si ceux-ci respectaient les normes européennes, les supermarchés risqueraient de devoir payer plus. J'invite les consommateurs à vérifier, avant l'achat, l'origine des volailles. Celles produites en UE sont parfaitement comestibles.» Signée Robert Sturdy de Cambridge.

Dans son numéro de décembre 2005, le magazine anglais The Ecologist est revenu à la charge avec des accusations plus précises contre l'élevage asiatique et les supermarchés Tesco. La journaliste Pat Thomas consacre un long article à l'écologie du virus AH5N1 ou plus simplement H5N1, désormais célèbre en France. Elle rappelle les hécatombes d'oiseaux que ce virus avait causées au siècle précédent. Les collections de tissus permettent en effet de trouver l'ARN d'un virus, donc son identité, des décennies après ses ravages. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), écrit-elle, H5N1 a sévi dans 4 des 21 grippes d’ élevages industriels, recensées en quarante ans. Il a d'abord frappé des poulets en Ecosse en 1959, puis des dindes en Angleterre en 91. En 1996 et 1997, on l’a retrouvé à Honk Kong (Chine) sur des poulets, et de nouveau en 2002. Ceci ne signifie pas que H5N1 n'ait pas touché d'autres oiseaux, des basse-cour ou migrateurs sauvages mais il ne les tuait pas en masse. Un virus peut rester dormant et passer inaperçu chez les porteurs sains, voire dans toute une population. La cinquième épidémie de H5N1 a débuté en décembre 2003 et n'a pas cessé depuis lors. Elle vient de ravager en France, une unité de 11000 dindes, à Versailleux dans l'Ain.

5 millions de poulets dans un élevage thaï

Cette grippe aviaire très violente a d'abord éclaté, en même temps, dans les élevages d'Indonésie, de Thaïlande, de Chine et du Japon. En Thaïlande, explique le bulletin n'° 17 de l'OIE, l'Office international des épizooties (janvier 2004), la maladie est apparue dans l'un des huit bâtiments d'un "élevage traditionnel" de 66 350 poules pondeuses dont 6180 sont mortes de grippe et le reste rapidement euthanasié. On peut s’interroger sur le confort animal quand l'OIE entend par "élevage traditionnel" une telle concentration d'animaux. Pour The Ecologist, H5N1 est un virus des élevages industriels. Or l'Asie du sud-est nourrit 7 milliards de poulets : 40 % de la volaille du monde ! Beaucoup sont destinés aux marmites locales, mais l'Asie est aussi un gros exportateur. La Thaïlande tient le 4è rang, derrière les Etats Unis, le Brésil et l'Union Européenne dans les ventes de poulets mondiales. Les élevages atteignent, dans ce pays, des tailles gigantesques où les conditions d’élevage sont effroyables. On parle de 5 millions d'oiseaux sur une seule exploitation, avec des pollutions considérables de l'air et de l'eau. A ce stade, l'exploitant n’est plus éleveur ni soigneur, mais un gardien distribuant des granulés et des aliments facteurs de croissance, dans l’incapacité de détecter le malaise d'un animal.

Si les supermarchés Tesco ont été mis en cause en Angleterre c’est parce qu’ils contrôlent l'un des plus gros élevages de poulets thaïlandais. A ses détracteurs, Tesco n'a pas répondu, se contentant d'indiquer que 90 % du poulet que le groupe vendait en Angleterre provenait du Royaume Uni. Le distributeur a pourtant développé une stratégie internationale depuis les années 90 qui l’a conduit à être présent dans 12 autres pays où il emploie plus de 100 000 personnes et sert 15 millions de clients. Tesco est plus particulièrement implanté en Europe de l’Est, en Turquie et en Asie. En Thaïlande, il possède la chaîne Tesco-Lotus qui compte plus de quarante-sept supermarchés.

Poulet comestible mais systeme de production dangereux

Les consommateurs anglais ou français ne doivent pas s’inquiéter de manger un poulet malade puisque les volailles vendues entières ont presque toujours grandi a proximité de leurs lieux d'achat. Ce sont, en revanche, les produits "au poulet" (quenelles, blancs cuisinés, potages, etc) qui contiennent de la viande blanche industrielle, souvent congelée et d'importation. En Grande-Bretagne, elle provient de Thaïlande, en France plutôt des Philippines et de Chine. "Que ce soit en avion, à la cantine ou dans un sandwich, The Ecologist précisait à ses lecteurs qu’ils "ont donc de bonnes chances d'avoir mangé du poulet thaïlandais au plus fort de l'épidémie". Cela ne constitue pas un danger aujourd’hui mais contribue à pérenniser un  mode de production qui semble responsable de l’épidémie animale actuelle.

Le problème réside, selon la journaliste anglaise Pat Thomas, "dans le droit héréditaire à la nourriture bon marché que s'arroge l'Occident". Et de conclure : "Si le virus mutait pour devenir contagieux chez l'homme, nous serions pris à notre propre traquenard."

L'origine des virus demeure mystérieuse. Michael Syvanen de Harvard a, le premier, rendu publique une explication aujourd'hui très répandue. Ce serait des fragments échappés du génome des plantes et des animaux. Si le débat scientifique demeure ouvert sur la genèse des virus, on connaît, en revanche, leur comportement cyclique. Tous les trente ans par exemple, les humains subissent une pandémie de grippe (épidémie mondiale) dont la pire fut celle de 1918 dite « grippe espagnole » qui décima une population affaiblie par la guerre. En effet la promiscuité et la sous-alimentation augmentent la virulence de la grippe et sa mortalité, autant chez l'homme que chez les animaux.

La dernière pandémie de grippe remonte à cinquante ans, ce qui inquiète les virologues. Leur réseau de surveillance couvre le monde entier. Dès qu'ils observent la mutation d'un virus de grippe humaine, un vaccin est mis en chantier et l'automne venu, dans l'hémisphère opposé, on vaccine la population âgée. L'expérience a montré que les virus de grippe mutaient en hiver, là où sont concentrés populations, porcs ou volailles, en Asie et au Brésil.  La vaccination, qui exige de manipuler les virus, peut entraîner des mutations imprévues. Ceci explique la réticence des autorités à vacciner les poulaillers contre H5 N1. Elles préfèrent se concentrer sur les pensionnaires des zoos ou les oies et les canards dans l'Ouest de la France  de crainte de contact avec les oiseaux migrateurs. Les Pays-Bas, en revanche, vaccinent leurs élevages intensifs, au risque de transformer le virus des oiseaux en ennemi du genre humain. Les éleveurs français se résolvent eux à un confinement dont ils sentent bien qu'il ne renforce pas l'immunité de leurs volailles.

Marie-Paule Nougaret
Mis en ligne le : 01/03/2006

NOVETHIC:

Novethic est un centre de ressources et d'expertise sur la responsabilité sociétale des entreprises et l'investissement socialement responsable.

Novethic, créée en avril 2001, est une filiale de la Caisse des dépôts.

Novethic s'adresse prioritairement :

  • aux investisseurs
  • aux acteurs de l'entreprise
  • aux parties prenantes (ONG, associations...)
  • aux universitaires et aux chercheurs


Novethic possède deux sources de revenus : un soutien apporté par la Caisse des dépôts d'une part, la vente de ses publications et études d'autre part.

http://www.novethic.fr/novethic/upload/com/plaquette_novethic.pdf

Par member RJP
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Samedi 25 mars 2006

Un article de 2003

Rien ne permet de penser que le SRAS provienne des animaux d'élevage

Interview de Peter Roeder, spécialiste de la santé animale à la FAO

Peter Roeder, spécialiste de la santé animale à la FAO

5 mai 2003, Rome -- La propagation du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) a soulevé une inquiétude planétaire. Certains médias ont émis l'hypothèse selon laquelle l'élevage intensif pourrait être un foyer du virus.
Peter Roeder, de la Division de la production et de la santé animales de la FAO, commente le lien possible entre l'agriculture, l'élevage et la pandémie de Sras.


Y-a-t-il des preuves que le virus du SRAS provienne des animaux?

Il n'y a aujourd'hui aucune preuve permettant d'imputer l'origine du virus aux animaux d'élevage (bœufs, cochons, volaille, etc) et cela semble improbable, même si l'origine du virus est toujours un mystère.

En admettant que le SRAS soit causé par le nouveau coronavirus qui a été associé à la maladie, la prise d'empreinte génétique de ce virus montre qu'il ne ressemble à aucun coronavirus animal ou humain connu.

Y-a-t-il un lien quelconque entre le SRAS et la "grippe du poulet" qui sévit actuellement en Europe et aux USA?

Non, ces deux maladies sont causées par deux virus complètement différents.

Peut-on accuser l'élevage intensif et la concentration d'animaux d'être des foyers du virus?

Instinctivement, on pourrait penser que c'est le cas, mais comme il n'y a aucune preuve que le virus provienne des animaux d'élevage, ces facteurs ne peuvent pas être tenus pour responsables dans cette affaire.

L'importante densité de population dans la Chine méridionale aurait pu tout aussi bien être un facteur important dans la genèse de cette maladie, quelle que soit son origine.

Une production animale plus «durable» pourrait-elle réduire les risques de telles maladies?

Certainement, mais ce n'est pas de cela dont il s'agit dans cette affaire.

Ceci dit, il est de plus en plus démontré que les systèmes de production animale intensifs et industrialisés sont vulnérables aux épizooties. Cela jette le doute sur la viabilité de ces systèmes.

La promiscuité des humains avec plusieurs espèces d'animaux élevés de manière intensive peut fournir un substrat pour une transmission entre les espèces, l'évolution et l'amplification de plusieurs agents pathogènes.

Des scientifiques au Canada et en Australie projettent d'importer le virus du SRAS pour l'inoculer à des animaux. La FAO soutient ces expériences. Qu'en attendez-vous ?

Ce travail expérimental est nécessaire afin d'accorder les études de terrain pour examiner l'improbable circulation du virus dans les populations animales.

Le travail a déjà commencé au Centre national canadien des maladies animales exotiques et nous espérons qu'il sera complété par d'autres études menées en Australie. Nous nous attendons à ce que ce travail nous en dise plus sur la capacité du virus d'infecter les animaux, la nature de tout signe de la maladie et la probabilité que les animaux transmettent le virus.

Le virus peut-il être transmis par les produits animaux et le commerce?

Nous ne disposons d'aucune preuve que le virus du SRAS infecte les animaux d'élevage et, par conséquent, sa présence dans les produits animaux et les produits alimentaires n'est que spéculation. Même s'il était présent, le virus serait probablement complètement détruit lors de la cuisson et la transformation.

Les coronavirus, auxquels l'agent infectieux du SRAS appartient probablement, ont tendance à être très fragiles hors du corps animal et auraient une durée de vie très courte - quelques heures - en tant que résidus du conditionnement des aliments.

Il n'y aucune raison de penser que le commerce des animaux ait été la voie de propagation de la maladie dans les zones affectées et autour du monde.

Tout montre que le virus est un pathogène humain transmis principalement à partir de gouttelettes émises par les voies respiratoires des personnes malades.

Les restrictions commerciales pourraient-elles aider à enrayer la propagation du virus?

Le commerce ne semble pas jouer un rôle, des restrictions en ce sens ne seraient donc pas pertinentes.

Est-ce que le virus pourrait être véhiculé par les produits alimentaires transportés par les voyageurs?
Ici encore, la réponse semble être clairement "non".

Quel est le rôle de la FAO dans la lutte contre le SRAS?

Il importe avant tout à la FAO qu'une caractérisation complète et parfaite de l'agent du SRAS et de son évolution soit réalisée. L'implication des animaux d'élevage et du commerce doit être exclue.

En partenariat avec l'OMS, la FAO suit tout particulièrement le contexte d'exploitation et de manipulation des aliments. De manière générale, l'évolution des agents pathogènes dans les systèmes agricoles intensifs dans les zones très peuplées est, pour elle, un souci permanent.

Comprendre l'évolution des pathogènes en relation avec les systèmes de production et la chaîne alimentaire est un composant essentiel du travail de la FAO en santé vétérinaire.

http://www.fao.org/french/newsroom/news/2003/17263-fr.html

Par member RJP
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Samedi 1 avril 2006

 Brésil: les exportations de poulet subissent le contrecoup de la grippe

vendredi 31 mars 2006, 9h03

SAO PAULO (AFP) - Epargné par le virus de la grippe aviaire, le Brésil subit le contrecoup de la crise mondiale de la consommation de poulet, après avoir profité des embargos frappant certains pays pour consolider sa position de premier exportateur avicole mondial.

Selon le président de l'Association des exportateurs de poulet (ABEF), Ricardo Gonçalves, les exportations brésiliennes pourraient baisser de 10% cette année en volume dans le pire des scénarios. Au mieux, si la consommation se redresse, elles pourraient augmenter de 5%, a-t-il indiqué lors d'une conférence internationale sur la volaille cette semaine à Sao Paulo. L'ABEF pousse les aviculteurs à réduire rapidement de 25% leur production afin de rééquilibrer le marché. "Nous traversons une période d'ajustement en forçant les entreprises du secteur à diminuer leur rythme de production", a souligné Ricardo Gonçalves. Selon lui, les stocks excédentaires représentent actuellement entre 200.000 et 300.000 tonnes et ne pourront être absorbés par la consommation intérieure. Insensible à la psychose de la grippe aviaire, le consommateur brésilien mange pourtant davantage de poulet grâce à la chute des prix provoquée par l'offre excédentaire. Selon l'Association brésilienne des supermarchés, le prix a chuté de 15% en moyenne et la consommation des Brésiliens est passée en quelques mois de 35 kg à 40 kg par an. En 2005, les exportations brésiliennes de poulet ont atteint des montants record en volume comme en valeur: 2,84 millions de tonnes pour 3,5 milliards de dollars, selon les chiffres de l'ABEF. Mais en février les ventes de poulet brésilien à l'étranger ont baissé de 7% en volume par rapport à janvier, tandis que les recettes ont diminué de 13%. L'effondrement de la consommation en Europe, après l'Asie, explique la baisse des exportations brésiliennes. En 2004 et 2004, le Brésil avait pourtant profité de la crise de la grippe aviaire en Chine et en Thaïlande pour évincer les exportateurs de ces deux pays sur des marchés comme la Russie ou le Japon, selon l'expert international Gordon Butland. Pour le président de l'ABEF toutefois "la grippe aviaire n'est qu'un des facteurs justifiant la préférence pour le poulet brésilien". Il met en avant d'autres atouts comme l'alimentation naturelle au maïs et au soja, ou les prix compétitifs. Pour Nan-Dirk Mulder, spécialiste du marché de la volaille de la banque Rabobank, les excédents représentent actuellement 4 à 5% de la consommation mondiale, soit 3 millions de tonnes. Il s'attend au total à une baisse de 1,5% de la consommation de poulet dans le monde cette année. "Une réduction de la production à court terme est nécessaire", conclut-il. Toutefois M. Mulder reste confiant que "la demande mondiale va se redresser lentement dans les prochaines années", estime-t-il. "L'enjeu est de regagner la confiance des consommateurs". Redoutant la propagation du virus sur son territoire par les oiseaux migrateurs, le Brésil de son côté s'apprête à adopter d'ici la semaine prochaine un plan de prévention et d'action contre la grippe aviaire, qui s'ajoutera aux strictes mesures phytosanitaires déjà en place. M. Gonçalves réfute cependant certaines informations donnant pour certaine l'arrivée du virus en septembre au Brésil avec la migration d'oiseaux en provenance d'Amérique du Nord: "cela ne repose sur aucune preuve scientifique", estime-t-il. Les autorités surveillent toutefois les routes migratoires des oiseaux sauvages afin de détecter l'entrée éventuelle du virus.

 

 

 

   
Par member AM
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Samedi 1 avril 2006
Grippe aviaire - Bruxelles propose de nouvelles aides pour la filière avicole

La Commission européenne a présenté mercredi 29 mars une proposition permettant à l'Union européenne de soutenir financièrement le secteur des oeufs et volailles. Il s'agirait de modifier la réglementation pour donner aux éleveurs une compensation en cas de baisse des ventes, ce qui n'était pas prévu jusqu'à présent.

 « La réglementation qui régit actuellement [...] autorise l'Union européenne à cofinancer les mesures de compensation uniquement en cas d'apparition de la grippe aviaire dans un élevage », indique un communiqué publié sur le site de la Commission européenne.

Face à la crise actuelle du marché, Bruxelles propose de cofinancer les aides à hauteur de 50 % . La proposition sera transmise au Parlement européen et au Conseil, et devrait être adoptée d'ici la fin avril.

Béatrice Mouédine

Source : Milfeuille Presse / TV Agri

Par member AM
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Lundi 3 avril 2006

S’exprimant dans le cadre d’un colloque «grippe aviaire» Philippe Vannier, le directeur de la santé animale de l’Afssa –– a souligné la difficulté à lutter contre la diffusion de la maladie à l’échelle de la planète en raison de l’effet cumulatif de migrations animales et des activités humaines.
Le cas turc
«Les oiseaux migrateurs importent le virus mais la diffusion au sein d’un pays n’a pas forcément de lien avec eux», explique-t-il, citant le cas turc. En Turquie, la diffusion de la maladie a été extrêmement rapide du fait du commerce de volailles sur l’axe routier Istanbul-Ankara-Anatolie, explique le responsable de l’Afssa. Les éleveurs d’Anatolie, région très pauvre de l’Est de la Turquie, achètent en effet des volailles de réforme à très bas prix, donnant lieu à un important flux commercial de camions. L’extrême pauvreté des populations et les contacts quotidiens avec les volatiles dans les basses-cours ont fait le reste. «Les oiseaux migrateurs n’ont joué aucun rôle à ce niveau-là», affirme Philippe Vannier. Les foyers détectés le long du chemin de fer transsibérien, et de manière totalement décalée par rapport aux mouvements des oiseaux migrateurs, ne laissent aucun doute sur le rôle des échanges commerciaux dans la diffusion du virus.

Petits élevages asiatiques
En Asie, par contre, ce n’est pas le commerce qui est en cause. Le virus a touché l’homme en raison du fort mélange des espèces (oies, canards, poules...) et de la forte densité des élevages de canards, indique Philippe Vannier. L’importance des marchés urbains où se vendent énormément de volailles vivantes est un facteur de risque aggravant. «La plupart des foyers en Asie sont liés aux petits élevages, dans des structures non organisées, sans mesure de biosécurité et sans organisation de la commerciali-
sation», ajoute le directeur de la santé animale de l’Afssa. «Et je le dis sans idéologie aucune» précise-t-il, en faisant allusion aux discours qui voient dans la lutte contre la grippe avaire un affrontement caché entre «élevages industriels» et «élevages familiaux». En Thaïlande comme en Turquie, les grands élevages industriels ont été peu ou pas atteints, indique le responsable scientifique.

http://www.paysan-breton.fr/article.php?id=6059

Par member RJP
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Mardi 4 avril 2006

Concentré de poulet
http://www.grain.org/briefings/?id=195

La transformation de la production de volaille en Asie ces dernières décennies est stupéfiante. Dans les pays d'Asie du sud-est où la plupart des cas de grippe aviaire sont concentrés -- la Thaïlande, l'Indonésie, et le Viet Nam -- la production a été multipliée par 8 en seulement 30 ans, passant d'environ 300 000 tonnes de viande de poulet en 1971 à 2 440 000 tonnes en 2001. La production de poulet de la Chine a triplé pendant les années 90 pour passer à plus de 9 millions de tonnes par an. Pratiquement toute cette nouvelle production de volaille a été produite dans des fermes industrielles concentrées à l'extérieur des villes principales et intégrées dans les systèmes de production transnationaux. [1] C'est l'endroit de reproduction idéal pour les souches hautement pathogènes de la grippe aviaire -- comme la souche H5N1 menaçant d'éclater en pandémie de grippe humaine. [2]

Néanmoins, les nombreux articles, rapports et documents de stratégie sortant de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des organismes gouvernementaux compétents contiennent à peine quelques bribes au sujet des implications de la volaille industrielle dans la crise de la grippe aviaire. Au lieu de cela, ils désignent les basses-cours des fermes, avec des appels à des contrôles plus stricts sur leur fonctionnement et à une plus vaste « restructuration » du secteur avicole. Les grosses compagnies de l'industrie avicole essaient même d'utiliser les cas de grippe aviaire comme « occasion » d'éliminer ce qui reste de la production de volaille à petite échelle. [3]  « Nous ne pouvons pas contrôler les oiseaux migrateurs mais nous pouvons sûrement mettre toute notre énergie à fermer définitivement autant d'élevages de volaille de ferme que possible » a déclaré Margaret Say, directrice du Conseil pour l'exportation des volailles et des œufs des Etats-Unis pour l'Asie du Sud-Est.

Les réactions de quelques scientifiques ne sont pas moins scandaleuses. Des chercheurs du Royaume-Uni recherchent des poulets transgéniques résistants à la grippe aviaire. « Une fois obtenue l'autorisation réglementaire, nous pensons que cela ne prendra que quatre à cinq ans pour multiplier assez de poulets et remplacer toute la popualtion du monde, » a déclaré Laurence Tiley, professeur de virologie moléculaire à l'université de Cambridge. [4]

L'élevage à la ferme n'est pas un passe-temps futile pour les populations rurales. C'est le noeud de la sécurité alimentaire et des revenus agricoles pour des centaines de millions de pauvrex ruraux en Asie et ailleurs, fournissant un tiers des protéines consommées pour une famille rurale moyenne. [5] Presque toutes les familles rurales en Asie gardent au moins quelques poulets pour la viande, les oeufs et même l'engrais et c'est souvent les seuls animaux d'élevage que les fermiers pauvres peuvent se permettre. La volaille est par conséquent cruciale pour leurs méthodes d'agriculture diversifiée, tout comme la diversité génétique de la volaille des petites fermes est cruciale à la survie à long terme de l'aviculture en général.

La FAO le sait. Avant la crise asiatique de la grippe aviaire, cette organisation vantait les avantages de la volaille de basse-cour pour les populations rurales pauvres et la biodiversité et avait lancé des programmes pour l'encourager. [6] Mais aujourd'hui, avec la souche H5N1 aux portes de l'Europe de l'Ouest, il est plus commun d'entendre la FAO parler des risques de l'élevage de la volaille en basse-cour. C'est une erreur imprudente. En ce qui concerne la grippe aviaire, l'aviculture diversifiée de petite taille est la solution, pas le problème.

Par member AM
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Mardi 4 avril 2006
La volaille de basse-cour est une solution, pas le problème
Le poulet de basse-cour est le grand problème et le combat contre la grippe aviaire doit se jouer dans les cours des pauvres du monde.

 Louise Fresco, Directrice générale adjointe de la FAO [7]

http://www.grain.org/briefings/?id=195

L'argument utilisé contre l'élevage de la volaille en basse-cour se présente généralement comme ceci : dans les cours des fermes, la volaille vagabonde à l'air libre, entrant en contact fréquent avec les oiseaux sauvages portant le virus de la grippe aviaire et avec les humains vulnérables à la transmission. On dit donc que ces fermes représentent un bouillon de culture où la maladie circule constamment. Les élevages de volaille à la ferme sont également frustrants pour les autorités à cause de leur nature même -- de petite taille, en plein air, dispersés et informels -- caractéristiques qui rendent difficile la mise en application de leurs deux mesures de contrôle principales : l'abattage et la vaccination.

L'argument est largement accepté par les gouvernements dans le monde, et aujourd'hui la plupart des lois et politiques concernant les fermes pour le contrôle de la grippe aviaire cherchent à maintenir la volaille séparée des oiseaux sauvages, comme on peut le voir dans le tableau 1.

Tableau 1: Mesures de contrôle de la grippe aviaire pour la volaille de basse-cour dans quelques pays

Pays

Mesure

Autriche

Interdiction d'élever de la volaille en plein air entre octobre et décembre. L'ordonnance est prolongée de manière illimitée autour des zones où les cygnes infectés par le virus H5N1 ont été trouvés.

Canada

Interdiction d'élever de la volaille en plein air dans la Province du Québec.

Chine

Le gouvernement provincial de Anhui a décrété que tous les élevages de basse-cour devaient être gardés en cage. Interdiction totale de la volaille de basse-cour à Hong-Kong.

Croatie

Interdiction d'élever de la volaille en plein air pendant la période de migration.

France

Interdiction d'élever de la volaille en plein air, avec des exceptions.

Allemagne

Interdiction d'élever de la volaille en plein air.

Italie

Les oiseaux élevés en plein air (15 à 20% du secteur avicole) doivent être gardés sous des filets.

Pays-Bas

Interdiction d'élever de la volaille en plein air, avec des exceptions.

Nigéria

Interdiction de la volaille de basse cour et des oiseaux dans le Territoire fédéral principal d'Abuja.

Norvège

Interdiction d'élever de la volaille en plein air dans huit comtés du sud.

Slovénie

Interdiction d'élever de la volaille en plein air.

Suède

Interdiction d'élever de la volaille en plein air.

Suisse

La volaille doit rester dans des enclos sous abrit.

Thailande

Restrictions pour les canards élevés en plein air. Interdiction des marchés de volaille vivante à Bangkok et déménagement des abattoirs vers les banlieues des villes. Collectivisation forcée des petits élevages de volaille dans les provinces centrales.

Ukraine

Interdiction de la vente de volaille vivante et des produits issus de la volaille fabriqués par les familles rurales dans la Région autonome de Crimée. L'interdiction ne s'applique pas aux volailles industrielles.

Viet Nam

Interdiction de l'élevage de volaille dans les villes et les grandes villes.


Généralement, ces lois et politiques sont totalement impraticables pour les petits fermiers. En Asie du Sud-Est, les gouvernements, avec l'appui de la FAO, encouragent des fermiers à installer des filets ou des clôtures en bambou pour leur volaille. Mais les coûts, estimés à 50 à 70 US$, sont hors de portée pour les petits agriculteurs en Asie, qui gagnent habituellement moins de 1 US$ par jour, et, dans des endroits comme la Thaïlande, où de telles mesures ont été décrétées, cela a immédiatement obligé les petits fermiers à abandonner la volaille. [8] Même les fermiers biologiques en Suisse abandonnent leur élevage parce qu'ils ne peuvent pas se permettre les coûts supplémentaires pour mettre leurs oiseaux à l'intérieur. [9] En outre, les fermiers biologiques qui ne permettraient pas à leus animaux d'élevage le libre accès à l'extérieur, comme les normes biologiques l'exigent partout autour du monde, risquent de perdre leur certification biologique. Les impacts de ces mesures sont déjà vrais pour les éleveurs même si la grippe aviaire n'est pas présente dans leurs secteurs -- et même s'il n'y a aucune preuve permettant d'affirmer que garder les oiseaux à l'intérieur permet d'arrêter le virus. [10]


Pourquoi les oiseaux sauvages et la volaille ne devraient-ils pas se mélanger ?

Les déplacements des oiseaux migrateurs ont déclenché des cas de contamination dans plusieurs pays et régions simultanément.

La FAO, Novembre 2005  [11]

En dépit de telles déclarations de la FAO ou de l'OMS, il y a peu de preuves attestant que les oiseaux migrateurs portent et transmettent le virus H5N1 fortement pathogène. Après recherche de la maladie chez des centaines de milliers d'oiseaux sauvages, les scientifiques n'ont que très rarement identifié des oiseaux porteurs de la grippe aviaire sous une forme fortement pathogène. [12]  Comme la FAO l'a énoncé très récemment en novembre 2005, « Jusqu'ici, un examen approfondi des oiseaux migrateurs cliniquement normaux dans les pays infectés n'a produit aucun résultat positif pour le virus H5N1. » [13] Presque tous les oiseaux sauvages qui ont été testés positifs pour la maladie étaient morts et, dans la plupart des cas, ont été trouvés près des élevages de volaille domestique infectés. Même avec les cas actuels de H5N1 chez des oiseaux sauvages en Europe, les experts sont d'accord pour dire que ces oiseaux ont probablement contracté le virus dans la région de la Mer Noire, où le virus H5N1 est bien établi dans la volaille, et sont morts alors qu'ils se dirigeaient vers l'Ouest pour échapper aux conditions exceptionnellement froides dans le secteur.

Un incident connu cité à charge contre les oiseaux sauvages a été un cas de contamination massive de H5N1 parmi des oies dans le lac Qinghai, en Chine du Nord. Une théorie a été rapidement construite sur la façon dont le virus a ensuite été transporté vers l'Ouest par les oiseaux migrateurs, au Kazakhstan, en Russie et même enTurquie. Mais les organisations de défense des oiseaux, et notamment l'organisation BirdLife international, ont fait remarquer que beaucoup d'élevages de volaille se trouvaient autour du lac Qinghai. Elles ont également noté qu'il y a une exploitation de pisciculture dans le secteur dont la FAO avait aidé à la construction, et que les fientes de poulet sont fréquemment employées comme nourriture et engrais dans les exploitations de pisciculture intégrée en Chine. [14]  En outre, beaucoup de trains et routes relient la région du lac Qinghai aux secteurs où la grippe aviaire s'est manifestée, comme de Lanzhou, origine de la volaille infectée qui a précedemment déclenché l'apparition du virus H5N1 au Thibet, à 2 400 km de distance. [15]  Cependant, aucun de ces scénarios différents n'a vraiment attiré l'attention de la FAO ou des autres principales autorités internationales.

La faiblesse principale de la théorie des oiseaux migrateurs est que la diffusion géographique de la maladie ne correspond pas avec les itinéraires et les saisons de migration. « Aucune espèce n'émigre de Qinghai, en Chine, de l'Ouest vers l'Europe de l'Est, » indique le Dr Richard Thomas de BirdLife. « Le tracé des cas de contamination suit les itinéraires des routes principales et des voies de chemin de fer, pas les voies aériennes. Et il est difficile d'expliquer l'absence de cas en Afrique, en Asie du Sud et du Sud-Est et en Australasie cet automne, si les oiseaux sauvages sont les porteurs primaires. » [16]  Si les oiseaux migrateurs transmettent la maladie, pourquoi la grippe aviaire n'a-t-elle pas frappé les Philippines ou la Birmanie, et pourquoi a-t-elle été confinée à quelques exploitations commerciales au Laos, quand chacun des trois pays est entouré par des pays infectés par la grippe aviaire ? Même s'il est possible que les oiseaux migrateurs transportent la maladie, comme les cas récents en Europe le suggèrent, il y a des vecteurs beaucoup plus significatifs de transmission qui devraient être au centre de l'attention. Il n'y a simplement aucune bonne raison à fermer les écoutilles et à obliger au confinement de la volaille.


Poulets de basse-cour : vecteurs ou victimes?

Les groupes de défense des oiseaux nous ont aidés à comprendre à quel point les oiseaux sauvages sont les victimes et non les vecteurs de la forme fortement pathogène de la grippe aviaire. [17] Les souches fortement pathogènes de la grippe aviaire se développent dans la volaille, très probablement dans la volaille exposée à des souches plus bénignes qui vivent naturellement dans les populations sauvages d'oiseaux. Dans des exploitations d'élevage de volaille surpeuplées, le virus bénin évolue rapidement vers des formes plus pathogènes et fortement transmissibles, capables de sauter les espèces et de se propager de nouveau chez les oiseaux sauvages, qui sont sans défense contre la nouvelle souche. Dans ce sens, H5N1 est un virus de volaille tuant les oiseaux sauvages, et non le contraire. [18]

Le même argument se tient pour la production de volaille à petite échelle. La grippe aviaire n'évolue pas vers des formes fortement pathogènes dans des élevages de volaille de basse-cour, où la faible densité et la diversité génétique maintiennent la charge virale à des niveaux bas. Les volailles de basse-cour sont les victimes de souches de grippe aviaire qui leur sont apportées d'ailleurs.

Quand des fermes sont séparées de la source de la grippe aviaire fortement pathogène, le virus semble s'éteindre ou évoluer vers une forme moins pathogène.

La FAO et l'Organisation mondiale pour la santé des animaux (OIE) signalent qu'il est prouvé que le virus H5N1 s'adapte au poulet de village de la même manière qu'il s'est adapté aux canards domestiques et qu'il y a « de plus en plus de preuves que la survie du virus dans la volaille des petits exploitants dépend de la réinfection des volatiles par l’extérieure ». [19]  C'est dans les exploitations de volaille industrielles surpeuplées et confinées que la grippe aviaire, comme d'autres maladies, évolue rapidement et se développe

Par member am
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Mardi 4 avril 2006

« Restructurer » la production de volaille
http://www.grain.org/briefings/?id=195

Derrière l'attaque contre les élevages de volaille en basse-cour, il y a un programme plus sinistre. Sur la première page de la Stratégie globale pour le contrôle progressif de la grippe aviaire de la FAO et de l'OIE, on peut lire:

Il devient également de plus en plus évident que beaucoup de réservoirs de l'infection peuvent être trouvés dans le monde en voie de développement, en particulier parmi les animaux d'élevage des zones à faibles revenus; c'est à dire parmi les ruraux pauvres. Ceci entraîne des risques sérieux pour le secteur des animaux d'élevage, qui est confronté à une demande en expansion rapide de protéines animales alimentaires dans beaucoup de pays en voie de développement, liée à l'urbanisation croissante, à l'augmentation des revenus disponibles, et qui fait passer l'alimentation d'une alimentation à base de féculents à une alimentation à base de protéines. Il y a là des opportunités considérables pour la croissance économique, en particulier dans les zones rurales, à tirer de ce processus, communément appelé 'Révolution de l'élevage'.

Qu'est devenu le soutien apporté de longue par la FAO à l'aviculture diversifiée? Cette organisation est soudainement préoccupée par la protection de l'industrialisation de la production de volaille (par exemple la « révolution de l'élevage ») contre les risques venus de l'aviculture à petite échelle. Elle a même commencé à parler ouvertement d'une industrie de la volaille restructurée du futur en Asie qui aura:

• des marchés plus concentrés, avec des producteurs moins nombreux et plus importants

• des zones de production de volaille où l'infrastructure pourra être concentrée

• une compartimentation pour les pays d'exportation, organisée de telle manière qu'un cas de contamination mineur d'un compartiment ne puisse presque pas affecter les exportations

• les marchés de volaille vivante déplacés aux périphéries des villes, avec moins de commerçants autorisés, un abattage centralisé et un grand nombre de points de vente dans les supermarchés des grandes villes

• moins de petits producteurs

• et où il sera obligatoire d'enfermer toute la volaille dans des endroits clos. [25]


Ce serait la mort des petits élevages de volaille en Asie. Seulement pour le Viet Nam, la FAO admet que la mise en place de « zones de production » aurait comme conséquence la perte de revenus pour un million de petits producteurs commerciaux. [26]  Malheureusement, la plupart des gouvernements ne semblent que trop désireux d'adopter une telle restructuration.

Les précédents rapports de la FAO allaient dans un sens différent. « Les principaux bénéficiaires de la montée subite de la demande [pour la viande en Asie] sont les producteurs et les transformateurs à grande échelle, urbains, et disposant de gros capitaux et les consommateurs urbains des classes moyenne et privilégiée. La majorité écrasante des pauvres n'en bénéficie pas, » a déclaré Hans Wagner, Responsable du département de production et de la santé animale du bureau Asie-Pacifique de la FAO. [27]  Aujourd'hui, les pauvres de l'Asie ne semblent plus avoir d'importance.

Par member AM
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